MMA : les meilleures techniques de soumission

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Les meilleures techniques de soumission en MMA
Crédit : Instagram @charlesdobronxs

La soumission est l’une des façons les plus spectaculaires de terminer un combat en MMA. En une fraction de seconde, un combattant en difficulté peut renverser la situation et forcer son adversaire à abandonner, ou à subir une blessure grave s’il refuse de taper. C’est toute la beauté et la cruauté du grappling : peu importe le score, peu importe qui domine, la soumission est toujours possible.

Ce guide passe en revue les techniques de soumission les plus utilisées et les plus efficaces en MMA, avec des exemples concrets de combats UFC pour illustrer chacune d’elles. Devenez incollable sur le MMA et l’UFC en 5 minutes ici.

Les deux grandes familles de soumissions

Avant d’entrer dans le détail, il faut comprendre qu’il existe deux grandes catégories de soumissions :

Les étranglements — Ils coupent l’afflux de sang ou d’air vers le cerveau, provoquant une perte de connaissance en quelques secondes si le combattant ne tape pas. Ils sont généralement moins dangereux pour les articulations mais tout aussi efficaces.

Les clés articulaires — Elles ciblent une articulation spécifique (coude, épaule, genou, cheville) et forcent l’adversaire à abandonner sous la douleur ou le risque de blessure grave. Un combattant qui refuse de taper peut se retrouver avec une articulation déboîtée ou un ligament arraché.

Les étranglements

Rear Naked Choke — La soumission reine

Le rear naked choke (RNC) est la soumission la plus courante en MMA. Exécutée depuis la prise de dos, la position la plus dominante en grappling, elle consiste à passer un bras autour du cou de l’adversaire, à verrouiller la position avec le deuxième bras et à serrer jusqu’à ce que l’adversaire tape ou perde connaissance.

Surnommée « the money choke », elle est redoutable car depuis la prise de dos, l’adversaire a très peu de solutions défensives. Khabib Nurmagomedov en a fait son arme de prédilection. Ses victoire par rear naked choke sur Conor McGregor à l’UFC 229 et Dustin Poirier à l’UFC 242 en sont les exemples les plus emblématiques.

Charles Oliveira est également un maître de cette technique, qu’il a utilisée à de nombreuses reprises pour terminer ses adversaires, dont Justin Gaethje à l’UFC 274 après un comeback stupéfiant. Le Brésilien a également infligé cette soumission à Dustin Poirier dans le troisième round de leur combat pour la ceinture lightweight à l’UFC 269.

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Guillotine — Le piège du plongeon

La guillotine est un étranglement exécuté debout ou au sol en enserrant le cou de l’adversaire sous son aisselle, les deux mains verrouillées ensemble pour serrer. Elle est particulièrement efficace en contre d’un takedown raté : quand un adversaire plonge pour saisir les jambes, son cou se retrouve naturellement exposé.

Il en existe plusieurs variantes, dont la arm-in guillotine (le bras de l’adversaire est coincé à l’intérieur) et la high elbow guillotine, considérée comme la plus dangereuse car elle cible à la fois la trachée et les artères carotides.

Même s’il n’a jamais réellement finalisé de guillotine au plus haut niveau, Dustin Poirier est devenu l’un des combattants les plus associés à cette soumission, au point que ses nombreuses tentatives sont devenues un véritable meme dans la communauté MMA.

Darce Choke et Anaconda Choke — Les étranglements de transition

Le darce choke et l’anaconda choke sont deux étranglements cousins, exécutés depuis des positions au sol en enroulant le bras autour du cou et du bras de l’adversaire. Moins connus du grand public, ils sont redoutables dans les transitions au sol quand l’adversaire tente de se relever ou d’améliorer sa position.

Beneil Dariush est l’un des spécialistes modernes de ces techniques à l’UFC. Khamzat Chimaev maîtrise également cette soumission, qu’il a infligé au 1er round à Kevin Holland en septembre 2022.

Triangle Choke — L’étranglement avec les jambes

Le triangle choke est un étranglement exécuté depuis la garde, en emprisonnant la tête et un bras de l’adversaire entre ses jambes formant un triangle. La pression exercée sur les artères carotides provoque une perte de connaissance rapide si l’adversaire ne tape pas.

Technique emblématique du jiu-jitsu brésilien, elle demande une grande souplesse et un timing précis. Royce Gracie l’a popularisée lors des premières éditions de l’UFC, prouvant qu’un homme au sol pouvait soumettre un adversaire physiquement supérieur.

Les clés articulaires

Armbar — La clé de bras classique

L’armbar est probablement la soumission la plus connue du grand public. Elle consiste à hyperextendre le coude de l’adversaire en bloquant son bras contre son corps, les hanches servant de point d’appui. Applicable depuis de nombreuses positions : garde, mount, dos… c’est une technique polyvalente et redoutable.

Ronda Rousey a bâti une grande partie de sa domination sur son armbar foudroyant, hérité de ses années de judo au plus haut niveau. Elle terminait la plupart de ses adversaires en moins de trente secondes grâce à des transitions d’une rapidité déconcertante vers cette technique. Lors de son grand comeback en 2026 lors du MVP MMA 1, elle a de nouveau validé cette soumission, en 17 secondes, sur Gina Carano. 

Fabricio Werdum a utilisé un triangle armbar mémorable pour soumettre Fedor Emelianenko en 2010 : l’une des plus grandes surprises de l’histoire du MMA.

Kimura — La clé d’épaule

La kimura est une clé d’épaule qui tord le bras de l’adversaire dans le dos dans le sens contraire de sa rotation naturelle. Applicable depuis de nombreuses positions, elle est particulièrement redoutable depuis la side control ou le half guard.

Elle doit son nom au judoka japonais Masahiko Kimura, qui l’avait utilisée pour briser le bras de Hélio Gracie lors d’un combat légendaire en 1951. Gracie avait refusé de taper. Un combat qui illustre parfaitement la dangerosité de cette technique quand l’adversaire s’obstine.

À l’UFC moderne, Khabib Nurmagomedov et Demian Maia sont parmi les utilisateurs les plus redoutables de la kimura.

Heel Hook — La terreur des genoux

Le heel hook est la soumission la plus crainte des combattants de grappling. En contrôlant le talon de l’adversaire et en effectuant une rotation du corps, le combattant crée une torsion dévastatrice sur le genou qui peut provoquer des déchirures ligamentaires graves en une fraction de seconde, bien avant que la douleur ne donne le temps de taper.

Il en existe deux variantes : l’inside heel hook et l’outside heel hook (ou reverse heel hook), cette dernière étant considérée comme la plus dangereuse car elle cible plusieurs ligaments simultanément.

Ryan Hall et Overeem ont popularisé cette technique à l’UFC, mais c’est dans le monde du grappling no-gi, notamment via la promotion ADCC, que les heel hooks ont atteint leur niveau de sophistication actuel. Des combattants comme Leg Lock specialist Nikita Mikhailov ou les frères Danaher Death Squad ont révolutionné l’approche des clés de jambes dans le MMA moderne.

Kneebar — La clé de genou

Le kneebar fonctionne sur le même principe que l’armbar mais cible le genou. En bloquant la jambe adverse contre son corps et en exerçant une pression sur le genou, le combattant force son adversaire à taper sous peine de blessure grave au ligament.

Moins courante que le heel hook dans le MMA moderne, elle reste une arme efficace dans l’arsenal des spécialistes des clés de jambes.

Rear Naked Choke vs Armbar : laquelle est la plus efficace ?

C’est un débat qui revient régulièrement dans la communauté MMA. En termes de statistiques pures, le rear naked choke est la soumission la plus utilisée et la plus efficace à l’UFC — elle nécessite peu de force brute et est applicable sur des adversaires de toutes morphologies. L’armbar arrive en deuxième position, suivi de la guillotine.

Les clés de jambes, longtemps négligées dans le MMA, gagnent progressivement du terrain à mesure que les combattants améliorent leur jeu au sol.

Un tas de possibilités

Le MMA ne se limite évidemment pas aux soumissions les plus connues comme le rear-naked choke, la guillotine ou l’armbar. Il existe une immense variété de techniques parfois extrêmement rares, que l’on voit seulement quelques fois dans toute une carrière. Certaines soumissions atypiques comme le twister, popularisé notamment par Chan Sung Jung, ou encore l’americana inversée, le calf slicer, notamment popularisé par Charles Oliveira avec sa victoire contre Eric Wisely en 2012 ou encore le buggy choke montrent à quel point le grappling en MMA offre des possibilités presque infinies. Chaque combattant possède ses spécialités, ce qui rend certaines soumissions encore plus spectaculaires lorsqu’elles apparaissent au plus haut niveau.

Le recordman de soumissions : Charles Oliveira

Impossible de parler de soumissions en MMA sans mentionner Charles Oliveira. Le Brésilien détient le record absolu de soumissions dans l’histoire de l’UFC avec 22 victoires par soumission en carrière. C’est simple, do Bronxs est le recordman absolu de soumissions dans l’histoire de l’UFC (17), de finishes (21) et de bonus fight night (21).

Rear naked choke, guillotine, triangle, armbar, calf slicer… Oliveira maîtrise l’ensemble du spectre offensif du grappling avec une fluidité et une créativité rares.

Sa victoire sur Justin Gaethje à l’UFC 274 reste l’un des plus grands exemples de résilience en MMA : sonné et au bord du KO au premier round, il se relève, renverse la situation et soumet Gaethje par rear naked choke (voir la soumission ici). Un finish qui résume tout ce qu’il faut savoir sur le danger permanent des soumissions en MMA.

Comment se défendre des soumissions ?

La défense aux soumissions est un art en soi. Quelques principes de base :

Contre les étranglements : tucking the chin (rentrer le menton) pour protéger le cou, travailler ses mains pour bloquer le bras adverse, sortir de la position de dos.

Contre les clés articulaires : ne jamais laisser son bras isolé, garder ses coudes près du corps, rouler dans le bon sens face à un armbar pour soulager la pression.

Le principe fondamental : en MMA, la meilleure défense aux soumissions reste d’éviter de se retrouver dans les positions qui les permettent : dos offert, garde passée, position de mount subie. Aussi, contrôler les poignets de son adversaire peut être très utile.

Conclusion

Les soumissions sont l’une des dimensions les plus fascinantes du MMA. Elles rappellent que ce sport n’est pas qu’une affaire de puissance et de KO spectaculaires. La technique, la patience et l’intelligence peuvent venir à bout des adversaires les plus puissants. Un combattant comme Charles Oliveira, loin d’être le plus athlétique de sa division, est devenu champion du monde grâce à sa maestria au sol.

La prochaine fois que vous regardez un combat et qu’un combattant se retrouve au sol, observez attentivement les mains, les bras et les jambes… une soumission peut se mettre en place en quelques secondes, souvent sans que le commentateur ait le temps de l’annoncer.

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