
À quelques jours de son affrontement contre Alex Pereira lors de l’UFC Freedom 250 à la Maison-Blanche, Ciryl Gane a évoqué les enjeux de ce combat qui pourrait marquer un tournant dans sa carrière.
Interrogé par RMC Sport Combat, le Français est revenu sur la signification du titre intérimaire des poids lourds qui sera en jeu le 14 juin, mais également sur l’importance historique de l’événement, la pression médiatique qui l’entoure et sa détermination à repartir avec la victoire.
Pour l’ancien champion intérimaire, cette opportunité représente bien plus qu’un simple retour dans l’octogone.
Une deuxième ceinture intérimaire qui compte
Depuis ses débuts à l’UFC, Ciryl Gane a connu des moments de gloire mais aussi plusieurs déceptions, notamment dans ses tentatives de conquête du titre incontesté des poids lourds.
Face à Alex Pereira, le Français aura l’occasion de décrocher une nouvelle fois une ceinture intérimaire après l’avoir décroché avec une victoire sur Derrick Lewis en août 2021. Un exploit que certains observateurs ont parfois tendance à minimiser, mais que Gane refuse de dévaloriser.
« C’est un nouvel accomplissement quand même. Bien sûr. Ça reste une ceinture. Je ne vais pas dénigrer cette ceinture-là, bien au contraire. Je suis vraiment fier de l’avoir eue une première fois et quand je l’aurai la deuxième fois, je serai encore aussi fier. Encore plus même, avec tous les hauts et les bas qu’il y a pu y avoir dans ma carrière, tous les sacrifices etc. »
À 36 ans, le Français sait le chemin parcouru pour revenir à ce niveau. Après plusieurs années passées parmi l’élite mondiale des poids lourds, cette nouvelle opportunité représente une récompense pour tous les efforts consentis au fil de sa carrière.
« Un goût de ceinture incontestée »
Si le combat oppose officiellement deux prétendants pour une ceinture intérimaire, Ciryl Gane estime que la situation est un peu plus complexe.
Le Français considère en effet que ce titre pourrait rapidement prendre une valeur comparable à celle d’une ceinture incontestée, notamment au regard de l’incertitude qui règne autour du sommet de la division.
« Et puis elle aura un goût d’indisputed (ceinture de champion incontesté) un peu, tu vois ? Un petit peu. Et elle peut devenir indisputed, de la même manière que Tom Aspinall est devenu champion quand il avait une ceinture intérimaire. Après tout, il n’avait pas combattu pour une indisputed. »
Gane fait ici référence au parcours de Tom Aspinall, devenu champion incontesté après avoir détenu une ceinture intérimaire, sans avoir eu besoin d’affronter le champion officiel dans la cage. En effet, l’Anglais a été sacré après que Jon Jones ait laissé son titre vacant.
Une situation qui n’est pas impossible dans une catégorie des poids lourds souvent marquée par des changements rapides et des décisions imprévues. D’ailleurs, la relation entre Aspinall et les dirigeants de l’UFC ne semble pas être au beau fixe.
« Oui, je ne sais pas exactement quels sont les rapports entre Aspinall et l’UFC, mais ça ne paraît pas exceptionnel non », a affirmé Ciryl Gane.
Un événement historique qui lui rappelle l’UFC Paris
Au-delà de l’enjeu sportif, le combat contre Alex Pereira se déroulera dans un contexte exceptionnel.
L’UFC Freedom 250 sera organisé directement sur le terrain de la Maison-Blanche, un cadre inédit qui place déjà l’événement parmi les plus marquants de l’histoire de l’organisation.
Pour Ciryl Gane, cette dimension historique constitue une source de motivation supplémentaire.
« Si je gagne, j’aurais de la satisfaction. Ce sera un bel événement, un événement historique. Ça me rappelle un peu le premier UFC Paris. Ça me tenait à cœur de le gagner, parce que c’était quelque chose d’historique, le premier poster à Paris, c’était quelque chose de très marquant pour moi. Ça me tenait à cœur d’honorer ça. »
« Ça va être la même chose à la Maison-Blanche : c’est une première historique, si je peux en plus de ça avoir la victoire ce jour-là, ce serait juste magnifique. Ce serait un nouvel accomplissement. À ça tu rajoutes qu’on a un multiple champion devant nous, du Glory, de plusieurs catégories à l’UFC… Ce n’est pas rien. C’est un mec à vraiment prendre au sérieux et si je gagne, je serais très fier d’avoir gagné. »
À travers ces propos, Gane souligne également l’importance de son adversaire. Pereira n’est pas seulement l’une des plus grandes stars actuelles de l’UFC, il est aussi l’un des combattants les plus décorés de sa génération grâce à son parcours en kickboxing et à ses titres remportés dans plusieurs divisions. Cependant, le Bon Gamin a peut être trouvé une faiblesse chez le Brésilien.
Un vétéran habitué aux grands rendez-vous
Avec plusieurs combats principaux et plusieurs événements majeurs à son actif, Ciryl Gane estime désormais avoir l’expérience nécessaire pour gérer l’environnement médiatique d’une telle soirée.
Alors que l’UFC White House devrait attirer une attention mondiale, le Français ne semble pas particulièrement inquiet concernant les obligations médiatiques qui accompagneront la semaine du combat.
« Je pense que je suis déjà préparé à ce genre d’événements. Je ne sais pas s’il y aura beaucoup plus que ce qu’on peut faire en fight week lors de certains événements. C’est déjà tellement blindé que c’est dur de faire pire. Les plannings sont juste monstrueux donc je ne suis pas inquiet pour ça. Je sais que je suis un mec des grands événements maintenant. Je suis un vétéran maintenant. »
Une déclaration qui reflète la confiance acquise au fil des années. Habitué aux plus grandes scènes du MMA mondial, Gane semble aborder ce rendez-vous avec sérénité.
La défaite ? Un scénario que Ciryl Gane refuse d’envisager
Malgré son calme apparent, le Français ne cache pas l’importance de ce combat dans son parcours.
Conscient des sacrifices nécessaires pour atteindre ce niveau, il admet que l’idée d’une défaite serait particulièrement difficile à accepter.
« Si je perds, ça m’embêterait énormément. C’est pour ça que je fais tous les sacrifices. Toutes les choses qui sont en mon pouvoir pour pouvoir gagner et éviter ce sentiment-là. J’essaierais de relativiser, mais en réalité je serais extrêmement déçu. Donc non, je ne veux pas connaître ce sentiment-là. C’est un peu la dure loi de notre sport. »
À quelques jours de l’UFC Freedom 250, le message est donc clair : Ciryl Gane mesure parfaitement l’importance du moment. Entre la possibilité de décrocher une nouvelle ceinture, la perspective de marquer l’histoire lors du premier événement UFC organisé à la Maison-Blanche et le prestige d’une victoire contre Alex Pereira, les enjeux ont rarement été aussi élevés pour le Français.
Le 14 juin, Bon Gamin aura l’occasion d’ajouter une nouvelle page majeure à son parcours. Et à l’écouter, il n’envisage qu’un seul scénario : repartir avec la victoire.
Ciryl Gane va-t-il battre Alex Pereira d’après vous ?
